La parité en question

Publié le par Maria Garrouste

Le XXème siècle a été dans notre pays un siècle de combats pour l’émancipation des femmes. Elles ont obtenu le droit de vote, le droit de travailler et de disposer de leur salaire sans l’autorisation de leur mari, d’ouvrir un compte en banque, le droit à la maîtrise de leur corps, à la contraception puis à l’I.V.G., le partage de l’autorité parentale.
 
Au XXIème siècle, la parité doit être une exigence pour l’ensemble de notre société.
 
- Les femmes ont aussi droit à l’égalité professionnelle. A travail égal, elles ont des salaires inférieurs à ceux des hommes. Elles sont plus touchées par le chômage et la précarité de l’emploi, par la pauvreté, notamment lorsqu’elles sont seules avec des enfants à charge. D’autres n’arrivent pas à briser « le plafond de verre » qui bloque leur promotion professionnelle, en particulier dans la haute administration. Il est nécessaire de développer des actions en faveur de l’égalité dans les domaines de la formation, de l’orientation et de l’information afin de modifier les traditions.
 
- A la maison, le partage des tâches domestiques progresse lentement ! 4 minutes de plus par semaine en vingt ans, d’après les dernières statistiques ! C’est toujours un frein pour l’engagement des femmes dans la vie associative, syndicale et politique.
 
- La féminisation du personnel politique constitue une exigence démocratique. Celle-ci a fait l’objet de nombreux débats notamment dans les années 90 et la loi sur la parité votée en 2000 connaît une mise en œuvre chaotique. « Favoriser l’égal accès des hommes et des femmes aux mandats électoraux et fonctions électives » va demander encore beaucoup de changement dans les mentalités. Les partis politiques de tous bords ont préféré être pénalisés financièrement plutôt que de respecter la loi. La loi sur la limitation du cumul des mandats a permis l’arrivée de quelques femmes mais, sans une loi sur le statut de l’élu(e) et une loi limitant le cumul dans le temps, la féminisation et le rajeunissement de la classe politique seront très lents. De plus, une fois élues, les femmes accèdent rarement aux postes de pouvoir et restent confinées dans les domaines de l’action sociale, de l’éducation, de la santé. A l’heure de l’élargissement de l’Europe, il est regrettable que la France reste encore à la traîne pour le pourcentage de femmes élues dans les différentes assemblées.
 
Au moment où se constituent les listes pour les élections régionales, la nouvelle loi électorale imposant la parité « chabada » en dérange plus d’un ; les commentaires désobligeants, la suspicion à l’égard des candidates, les entreprises de déstabilisation des nouvelles en politique vont bon train. Dans un article paru dans Libération du 17 septembre dernier « La parité pour rien », Lucile Schmid concluait « Voilà pourquoi, en politique, les femmes n’ont pas le choix. Elles ne peuvent accepter une parité de petit comptable : un homme, une femme, et tout serait dit. C’est en devenant initiatrices d’une ouverture du champ politique à tous les autres qu’elles pourront y trouver vraiment leur place ».
 
En 2003, le prix Nobel de la Paix a été attribué à une femme musulmane iranienne, Shirin Ebadi, pour ses efforts en faveur de la démocratie et des droits de l’homme et plus particulièrement ceux des femmes et des enfants. En 1991, une autre femme, birmane, Aung San Suu Kyi, et, en 1992, Rogoberta Menchu, militante indienne guatémaltèque recevaient la même distinction. C’est la reconnaissance du rôle que les femmes peuvent jouer pour faire évoluer la société malgré des conditions très difficiles.
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Publié dans Droits des Femmes

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